De nouvelles formes de parentalité ? Réflexions d’un cas de procréation assistée

Les problèmes posés par les scénarios culturels, éthiques et biologiques actuels nous mettent au défi de comprendre de nouvelles réalités, de créer de nouvelles pathologies et de nouveaux malaises ou de donner un nouveau visage aux anciens malaises.

De nouvelles familles ou plutôt de nouvelles configurations familiales telles que les couples de fait, les familles monoparentales, les familles reconstituées, les familles mixtes par religion ou race, les familles avec adoptions internationales, les familles avec un ou plusieurs enfants nés de fécondations artificielles, les couples homosexuels, les adoptions faites par des couples homosexuels, les changements de sexe, les pathologies de l’Internet, les nouvelles formes de socialisation télématique, sont les nouvelles réalités auxquelles nous, psychanalystes familiaux et couples, sommes confrontés.

Un cas clinique

Quoi qu’il en soit, nous commettrions une grave erreur à ce stade si nous nous déguisions en philosophes, sociologues ou moralistes, perdant ainsi notre spécificité clinique. En effet, lorsque le patient, qu’il s’agisse d’un adulte ou d’un enfant, d’un individu, d’un couple, d’une famille, d’un groupe ou d’une institution, franchit notre porte, il fait partie de ce cadre magique créé par Freud, le cadre qui nous permet d’arrêter le temps, mais surtout il établit un cadre de référence dans lequel donner sens à la subjectivité et à la souffrance de chacun.

Je vais donc partir d’un historique clinique pour faire quelques réflexions puisque la clinique est la base de notre compréhension des phénomènes. Je vais donc raconter la souffrance d’un couple de parents, en particulier d’une mère qui a subi une insémination artificielle.

Qu’est-ce que le rôle parental ?

Afin de traiter cette question, il est peut-être nécessaire de mentionner brièvement ce qu’est la parentalité. Bien que l’éducation des enfants soit un concept très présent dans la vie de tous les jours, même lorsqu’il est usé, elle n’est pas du tout évidente. Contrairement à ce que beaucoup de littérature romantique pensent, être parent a à voir avec un emploi, a dit Winnicott, et devenir parent est un processus de transformation identitaire.

La grossesse n’est pas seulement un événement physique, c’est un événement psychologique qui permet un processus complexe de préparation pour l’enfant à naître d’un espace physique et psychologique qui est à la fois dans l’esprit des parents et dans la famille élargie. Elle déclenche également un processus complexe d’affiliation, constitué de fantasmes, de projections, de désirs individuels et collectifs qui ont commencé avant même la conception biologique et se traduisent dans la pratique par le partage des attentes entre les époux et les grands-parents ou la famille en général. Construire le kit pour l’enfant, préparer la salle, imaginer un nom, préparer les célébrations et toutes ces opérations complexes qui conduisent à l’organisation de rites sociaux d’entrée dans la micro-société qu’est la famille (comme le baptême ou similaire) sont autant d’opérations concrètes qui déclenchent, aident et témoignent ce travail psychologique.